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  • Eblouie par la lune

Un week-end initiatique en solo

DerniĂšre mise Ă  jour : 10 oct.




đŸ§đŸ»â€â™€ïž Ce week-end, je suis sortie intĂ©gralement de ma zone de confort. J’ai ressenti le besoin de me ressourcer en pleine nature et suis partie branle-bas de combat sur un coup de tĂȘte Ă  la montagne, vivre cet appel en dormant dans un tipi.

Merveilleux, me direz-vous, mais je savais que, malgré lit et duvet, le confort serait de loin pas de mise pour moi.


J’ai toutefois choisi en pleine conscience de vivre cette expĂ©rience. Je sais au plus profond de moi que pour faire bouger des choses dans sa vie, il convient de se dĂ©passer et de sortir des terrains connus. J’ai donc dĂ©cidĂ© d’aller faire face Ă  mes peurs, en tenant fort la main de mon enfant intĂ©rieur en souffrance, pour libĂ©rer de nouveaux noeuds en moi.


Tout commence par la mĂ©tĂ©o, pluie et brouillard, prĂ©sents et annoncĂ©s sur l’ensemble du sĂ©jour. Suite Ă  une mĂ©saventure il y a quelques annĂ©es, le brouillard m’inquiĂšte toujours sur la route. Et la vie a dĂ©cidĂ© de corser le chemin pour affronter encore plus loin la blessure. Suite Ă  une dĂ©viation, le GPS me fait prendre une route sinueuse de montagne pendant 20 minutes, «monter pour redescendre» : Tout ce qui m’a toujours semblĂ© inutile Ă  ski 😉. Ma voiture citadine en souffrance, mes guides protecteurs me chuchotant que tout ira bien, que j’en suis capable. Le brouillard qui s’intensifie, le flan de montagne qui me donne le tournis, la route trop Ă©troite pour croiser une voiture, le souffle court, mon masticage de chewing-gum s’intensifie. Ouf, on redescend ! Quelle ne sera pas ma fiertĂ© quand j’apprendrai que mĂȘme mes hĂŽtes de la rĂ©gion n’empruntent jamais ce chemin, tellement il est ardu. Moi, je l’ai fait !


Vient ensuite mon besoin de me balader de nuit en pleine forĂȘt pour rejoindre la riviĂšre, le Bronze. Lampe de poche Ă  la main, je marche le kilomĂštre qui me sĂ©pare de ce coin de paradis. Il faut savoir que depuis petite, j’ai peur de la nuit noire. Mais ressentant tous les petits ĂȘtres magiques qui m’entourent đŸ§šđŸ», je me sens comme pousser des ailes. L’ambiance nocturne est magique et j’en oublie que je suis entiĂšrement seule dans une forĂȘt loin de tout. Une lumiĂšre apparait, toutes mes peurs refont surface. «Aline, s’il s’agit d’un dangereux personnage, personne ne pourra te sauver. Tire-toi de lĂ  tout de suite», m’hurle ma petite moi ! Ouf, mon mental envahissant n’avait pas raison, il s’agissait que d’une balade nocturne d’une jolie famille.


De retour Ă  mon campement, je tente de prendre mes aises dans mon tipi. Le feu du poĂȘle est dĂ©jĂ  presque Ă©teint
 Suis-je capable de retenir correctement les instructions prĂ©cises donnĂ©es pour rallumer le feu sans encombre ? Je doute de moi, encore. J’entends cette pensĂ©e limitante en moi qui me chuchote que je ne suis pas Ă  la hauteur. «Quelle idĂ©e de partir ici toute seule, sans personne pour m’aider quand je ne suis pas capable de gĂ©rer.» «Mais, qui t’a dit que tu ne gĂ©rais pas, Aline ? Qu’est-ce que tu n’es pas capable de faire toute seule ? Ne t’es-tu pas dĂ©jĂ  prouvĂ©e Ă  maintes reprises tes multiples capacitĂ©s ?» Oui, le camping, ce n’est pas oĂč je me sens le plus Ă  l’aise, le glamping non plus apparemment. Il faut savoir que mes nuits en tente ne se sont jamais avĂ©rĂ©es trĂšs fructueuses jusqu’ici. Et lĂ , je suis seule, sans rĂ©seau de portable qui plus est. Jamais, je n’aurais imaginĂ© avoir tant besoin de connexion pour me rassurer. La nuit avance et le bruit du vent, de la riviĂšre, de certains animaux se fait de plus en plus prĂ©sent. Je n’ai pas de fenĂȘtre et cela me dĂ©range fortement. Le feu est reparti sans difficultĂ©, encore une nouvelle chose que je gĂšre quand je ne me laisse pas envahir par mes croyances limitantes. J’observe de ma porte la lumiĂšre de la pleine lune qui commence Ă  apparaitre derriĂšre la montagne. Je constate de loin que les rares autres rĂ©sidants sont en train d’éteindre leur tente pour se coucher. Un silence et le noir presque complet planent dans le campement. Je suis la seule en solo. Les hĂŽtes m’ont dit que c’était rarissime. Voyager seule Ă  l’autre bout du monde, je l’ai dĂ©jĂ  fait. Alors pourquoi, ici me sens-je en insĂ©curitĂ© ? Heureusement, la lune fait son apparition. Comme depuis toujours, elle me rassure, elle materne mon enfant intĂ©rieur. AprĂšs avoir contemplĂ© cet astre sous toutes ses coutures depuis le domaine, je dĂ©cide d’aller me coucher. Il fait chaud, le feu fonctionne bien. Je rajoute les buches de nuit et je m’installe. La literie n’est pas trop dĂ©sagrĂ©able. Quelques papillons de nuit s’excitent par ci par lĂ , mais je vais les laisser vivre leur vie dans leur univers, en me rappelant haut et fort qu’ils ne me feront pas de mal. La vue sur l’extĂ©rieur me manque, mais la lune apporte une douce clartĂ© Ă  travers la toile. Le poĂȘle Ă  bois produit des cliquetis constants, lĂ©gĂšrement gĂȘnants, mais je rĂ©ussis Ă  en faire abstraction. Je suis fatiguĂ©e par les Ă©motions. Je m’endors.


1h30, le froid m’envahit soudainement. Le feu ne brule plus
 Les frissons ne me motivent pas Ă  quitter la couette. Heureusement, un peu de rĂ©seau rĂ©apparait et me permet de communiquer enfin avec une amie encore Ă©veillĂ©e. Je me sens moins seule. J’ai peur, j’ai froid, et ma petite fille intĂ©rieure me fait remarquer qu’aucune surveillance du lieu n’est mise en place. «N’importe qui peut entrer pendant mon sommeil, aussi lĂ©ger soit-il.» Des flashs de mon enfance totalement insĂ©cure refont surface sans contrĂŽle. «La sĂ©curitĂ© intĂ©rieure est la clĂ©, c’est la seule qui a su te protĂ©ger.» Je me sens enfermĂ©e. J’allume la lumiĂšre. Un perce-oreilles marche le long d’un rondin de bois. MalgrĂ© ma puissante connexion Ă  la nature, ma phobie des insectes rĂ©apparait. «N’est-ce pas les perce-oreilles qui rentrent dans nos orifices ?» «Respire, Aline ! Tu savais que cette expĂ©rience te renverrait Ă  tes insĂ©curitĂ©s et au manque de protection extĂ©rieure vĂ©cus toute ton enfance.» Quelques larmes coulent
 C’est pas toujours si simple de tout affronter seule. J’ai longtemps surfĂ© sur la facette guerriĂšre qui n’a besoin de personne pour affronter. Mais j’ai dĂ©sormais accueilli ma vulnĂ©rabilitĂ©. Il est temps d’en saisir sa puissance et de l’envelopper de mon authenticitĂ©. Je prends la petite Linou par la main, je refais le feu, je marche pieds nus au risque de frĂŽler mes compagnons de maisonnĂ©e. Et lĂ , impossible de me rendormir. C’est mon enfance qui dĂ©file sous mes yeux. C’est ses peurs lĂ©gitimes qui m’envahissent. Sauf que dĂ©sormais, je suis mon pilier, je suis ma force, je suis ma fragilitĂ©, je suis toutes mes facettes, je suis Moi. Et en assemblant toutes ces parties ensemble, cela forme une boule d’énergie Ă  laquelle il ne peut rien arriver. Comment est-ce possible que j’aie toujours eu plus confiance en l’autre qu’en moi-mĂȘme pour me protĂ©ger ou assurer certaines tĂąches ? C’est ça qui est en train de se transformer en moi ! Je suis capable de tout ! Je suis la personne la plus forte et rĂ©siliente que je connaisse. C’est donc lĂ  que se trouve ma sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.


Et que me dicte ma petite voix ? «Sors, tu as besoin de voir le monde.» Je n’aime pas ce lieu sans fenĂȘtre sur la vie. Ce n’est pas important si je ne dors pas, tant que je ne subis pas. Je veux vivre et non plus survivre. Je veux constater la beautĂ© de ce monde par moi-mĂȘme en me soutenant, comme personne n’a su le faire pour moi. «Mon enfant, tu ne seras plus jamais seule Ă  affronter tout ça. Allons nous installer face Ă  la lune et ses ombres et profitons de cet instant, qui Ă©tait dĂ©jĂ  ton seul Ă©chappatoire nocturne. Il n’y a plus lieu d’avoir peur, tu n’es plus seule. Et moi, je chasserai les monstres qui t’ont dĂ©possĂ©dĂ©e d’une partie de ton Ăąme.» Et c’est bras dessus bras dessous, une bougie d’une main, un brin de sauge blanche de l’autre que nous nous somme rendues sur cette superbe terrasse en bois afin de ritualiser cet instant sacrĂ© d’union avec un fragment de moi trop longtemps perdu 🩋.


L’instant d’aprĂšs, je me retrouve blottie dans mes draps, sereine, ultra connectĂ©e, en harmonie, Ă  profiter de mes derniĂšres courtes heures de sommeil. Reste que c’est d’une mine extraordinairement rĂ©jouie que je retrouve mes pĂ©nates, emplie de fatigue intense certes, mais surtout d’un contentement et d’une fiertĂ© incommensurables. Merci pour ce cadeau de la vie !


Merci Ă  tous mes compagnons de lumiĂšre qui m’ont permis d’accomplir ce passage đŸ‘ŒđŸ».


Merci pour votre lecture, en espĂ©rant que cela aie peut-ĂȘtre ravivĂ© une petite flamme en vous đŸ™đŸ».

Avec mes lumineuses pensĂ©es 🌝

Aline 🩄

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